Le travail sur écran d'ordinateur

On ne pense pas souvent à l'ergonomie de l'ensemble que forme l'écran avec nos yeux et l'éclairage de la pièce où on se trouve.

Scanner à tambour Hell
Scanner à tambour de marque Hell des années '90

Pourtant, les conditions d'observation de la couleur influencent notre perception.

Entre travailler à la noirceur complète et travailler à la lumière du jour, comme dans l'image précédente, il y a tout un monde. Personnellement, j'ai toujours rêvé d'avoir mon studio en pleine forêt, avec de grandes baies vitrées, avec vue imprenable sur le rocher Percé! Pourquoi pas! 

Ce serait parfait pour mon moral mais la qualité de mon travail s'en ressentirait grandement. On n'est pas obligé de travailler complètement à la noirceur, et même que ça nuit à l'évaluation correcte de la luminosité de l'image. L'idéal est de travailler dans une pièce faiblement éclairée.

Travailler dans la faible luminosité  
Travailler dans l'obscurité n'est pas la solution

Vous avez déjà mis les pieds dans un musée? On aurait tendance à croire que les salles de musées sont des endroits très éclairées mais ce n'est pas le cas. En fait, c'est tout le contraire. Les salles de musée sont souvent sombres. Promenez-vous d'un musée à l'autre et vous verrez à quel point les musées maintiennent les niveaux d'éclairement étonnement faibles. C'est vrai pour le MOMA à New York. C'est vrai pour le MFA à Boston. C'est vrai pour la National Art Gallery à Londres. C'est vrai pour le Musée des Beaux Arts de Montréal. Le musée des Beaux-Arts dOttawa. La Ontario Art Gallery, bref, c'est vrai pour tous les musées du monde. Et la raison en est simple.

Comme les pigments des peintures sont sensibles à la lumière, il faut absolument les en préserver le plus possible. La norme dans les musées est de 32 Lux. (Il va vous falloir un Luxmètre pour faire cette mesure, bien qu'il est possible de le faire via le posemètre d'un appareil photo, nous y reviendrons plus loin).

Marc Holbert devant son écran SONY Artisan 21"  
Mac Holbert devant son écran Sony Artisan 21"

Les temps changent et à l'époque où la norme ISO-12646 a été rédigée, les écrans en vogue étaient les SONY Artisan et Radius PressView qui, eux, à pleine intensité, ne pouvaient guerre produire plus de 100 Candélas par mètre carré (Cd/m2). La norme a été écrite en fonction de ces technologies qui étaient le Nec plus ultra à l'époque. Pas étonnant, alors, que la norme nous propose des niveaux aussi faible que 64 lux: sinon, on ne plus voir la couleur sur l'écran de l'ordinateur.

Une question d'adaptation

Tout le monde fait l'expérience de passer de l'extérieur à une salle de cinéma sombre. C'est un expérience universelle. Nos yeux, qui sont adaptés à des niveaux de lumières ambiants de l'ordre de 1000 à 10,000 Lux, doivent en quelques minutes, s'adapter à une luminosité de quelques dizaines de Lux à peine.

Nos yeux ont cette remarquable faculté de s'ajuster automatiquement à n'importe quel niveau d'éclairage ambiant, même, à la noirceur. On n'y voit pas aussi bien que des chats mais, vous comprenez. De manière générale, il faut trouver l'équilibre entre l'ajustement de la luminosité de l'écran, pour assurer son fonctionnement optimal et l'éclairement dans la pièce.

 C'est une illusion de croire qu'il existe un blanc absolu quelque part dans l'univers. Il y a lieu de s'intérroger sur cette question car elle va influencer tous nos jugements, tout les mots que nous prendrons pur décrire nos sensations colorées dan notre travai professionnel. Qu'il s'agisse de l'éclairage d'un étalage dans un supermarché ou de l'observation d'une scène naturelle en plein jour, le blanc est suprêment important pour notre adaptation et ce, depuis des millions d'années.

Définition d'espace sur mesure RVB dans Photoshop
Définition d'espace sur mesure RVB dans Photoshop.

 

Le tout est de favoriser l'adaptation visuelle, de manière à ce que nos yeux soient principalement adaptés à la luminosité de l'écran, en fonction des originaux avec lesquels il est possible que nous ayons à comparer pour porter un jugement, comme dans le cas de cette photo.

Il faudra faire attention à ce que la lumière environnante soit de niveau inférieure à celle émise par l'écran. Pourquoi? Eh bien, parce que l'oeil cherche toujours le stimulus le plus intense et l'utilise alors comme Blanc de référence.

D'où la suprême importance de sa qualité et de sa quantité. Le blanc à l'écran doit évoquer une impression de neutralité.

En résumé, dans cet article, j'ai voulu faire une rétrospective du rôle joué par l'écran dans le traitement de la couleur de Photoshop. On a vu qu'à ses débuts, Adobe a choisi l'écran comme point de référence à toute évaluation de la couleur dans Photoshop en créant une correspondance 1:1 entre les pixels d'une image RVB et sa représentation électronique sur la face d'un tube à rayon cathodique. Dix ans plus tard, Adobe abandonne ce modèle pour adopter le système ICC avec le succès qu'on lui connait aujourd'hui.