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Garçon qui écoute attentivement la télévision
Garçon qui écoute attentivement la télévision

Cette image nous suggère deux choses. D'abord que l'apparence d'un écran de télévision typique n'est pas aussi neutre qu'on pourrait le croire. En effet, il y a fort à parier que cette image vous suggère autant une apparence bleutée (visible dans la peau du jeune garçon) qu'elle me le suggère? Ne nous en étonnons pas car l'industrie de la télévision a depuis longtemps statué sur une référence bleuté du blanc de l'écran.

Cela remonte à 1953, lors de l'adoption de la norme NTSC où les ingénieurs des télévisions en Amérique du Nord ont convenu d'un blanc de référence à D65 ou 6500K. Pourquoi D65? Je l'ignore mais je sais que si je règle mon téléviseur à la maison sur 5000K, les couleurs me paraissent trop chaudes. Ça ne veut pas dire que D50 ou 5000K ne soit pas bon en soi? Seulement que les signaux sont encodés à l'origine pour un blanc de référence D65: si ma calibration d'écran s'éloigne trop de D65, je me trouve à introduire un biais dans la gestion des couleurs. Donc, si je désire me rapprocher au mieux de l'apparence voulue ou attendue des signaux, j'ai intérêt à régler ma télé sur 6500K.

D65 ou D50, personne ne calibre d'écran sur moins que 5000K ou plus que 6500K. Mais, à cause du phénomène de l'adaptation chromatique, la même image vue sous D50 ou D65 paraîtra identique, de point de vue de l'apparence des couleurs? Difficile à croire? Pour mener cette expérience, il faudrait disposer de deux écrans identiques et calibrer un à D50 et l'autre à D65. Puis, on présente la même image sur les deux.

Ce que la théorie nous dit c'est que, dans un cas comme dans l'autre, l'adaptation au blanc de l'écran par notre système visuel est instantanée. C'est-à-dire que, vous et moi regardons succèssivement les mêmes écrans et on peut s'attendre à la même adaptation physiologique.

Photo de famille simulant D50
Photo de famille simulant D50
Photo de famille simulant D65
Photo de famille simulant D65

Voici ce qui se passe quand on a affaire à deux blancs de référence différents. En haut, D50. En bas, D65. De toute évidence, il y a une différence dans l'apparence des couleurs quand on on compare directement les deux images. Mais dans la pratique, on ne peut jamais comparer directement des images entre des blancs de référence différents, parce que personne ne s'amuse à comparer systématiquement les images d'un blanc de référence à l'autre.

Le point de cette démonstration est de marteler l'idée que, en ce qui concerne notre système visuel, lorsque nous sommes adaptés à D50 ou D65, il n'y a pas de différence dans l'apparence des couleurs. Le rouge du chandail du jeune garçon nous parait le même «par rapport au blanc» d'une image à l'autre. Même phénomène avec la couleurs des tons de peau et le reste de l'image.

Malgré cette discussion, on entend souvent dire que les tonalités froides suggèrent davantage la neutralité que les tonallités chaudes? Je demande à en être convaincue mais il est vrai que nous vivons dans un système que semble privilégier l'emploi de tonalités froides, comme dans les papiers d'imprimeries qui sont souvent préférées à cause de leur apparence froide: le monde entier a en horreur la couleur jaunâtre du papier journal.