Harmonie des couleurs (1 de 6)

Harmonie de couleur, introduction

À mesure que les connaissances sur les couleurs se démocratisent, de plus en plus de sites web proposent des contenus toujours plus étoffés sur l'harmonie des couleurs. À preuve, ce site, découvert ce matin,  http://www.testcouleur.com/harmonie.html, qui propose en introduction une approche basée sur les travaux de Chevreul. Admirable.

Parade de mode
La multiplicité des couleurs est un phénomène des plus intéressant
mais y-a-t-il des règles sous-jacentes? Quelque chose qu'on pourrait
se mettre sous la dent?

Mon approche personnelle? Compliqué. Compliqué parce que, en toute franchise, le phénomène n'est pas simple et qu'au bout du compte, l'étude de l'harmonie des couleurs ne se prête peut-être pas autant qu'on le croît à un cadre conceptuel strict ou une approche méthodique ou même algorithmique. Cela ne m'empêchera pas de retracer, brièvement, les sentiers balisés par Munsell, Chevreul, Goëthe et Albers mais il faut approcher le phénomène avec beaucoup d'humilité, à mon avis.

* Si vous ne l'avez pas déjà fait, je vous invite à visiter les pages qui montrent des applications du système Munsell au problàme de l'harmonie des couleurs dans la section Galerie.

La couleur, alors qu'est-ce c'est?

Une définition exhaustive de la couleur devrait nous mettre sur la piste de ce qu'est l'harmonie des couleurs bien qu'on comprend intuitivement que ce qui est harmonieux plaît à l'oeil. C'est là une définition simpliste mais qui nous suivra tout au long des pages suivantes.

- La couleur est une sensation;

- La couleur est une émotion;

- La couleur est-elle réelle?

On entend dire la "symbolique des couleurs", la psychologie des couleurs? Vrai ou pas, c'est dire le pouvoir qu'on attribue aux couleurs. Le rouge aurait le pouvoir de nous stimuler alors que le bleu nous détend, et ainsi de suite.

- En anglais, on entend parler du Power of colors.

La couleur, "Color" en anglais, suggère un "tout". Le phénomène de la couleur est plus qu'une simple couleur ou quelques couleurs. On oublie souvent que la couleur fait partie d'un contexte, elle est toujours vue dans un contexte. En cela, la couleur est indissociable du contexte.

La couleur n'est pas toujours source de plaisir visuel? La couleur, depuis toujours, se présente comme un aspect de la nature, du monde qui nous entoure et qui nous permet, grâce au sens visuel, d'y survivre et de s'y épanouir.

N'oublions jamais sa fonction physiologique de base.

L'homme, comme la femme, a du très tôt apprendre à distinguer des sources de danger par le biais de la couleur, comme par exemple, un tigre de Bengal qui surgit des buissons! Ou faire la différence entre des fruits toxiques et comestibles. Il en est résulté de fabuleuses adaptations qui sont passées dans notre bagage génétique depuis des milliers d'années et qui nous accompagnent à ce jour.

Ce sens de l'interprétation naturel ou inné de la couleur m'intéresse au plus haut point et détermine, je crois, jusqu'à un certain point, nos réactions instinctives à la couleur. Le reste, j'ai l'impression, est culturellement déterminé. Le fait que nous assoçions le blanc à la pureté en Occident alors qu'au Japon, il est associé à la mort, en est un parfait exemple.

La couleur joue sur nous un rôle
On ne peut le nier, la couleur joue sur nous un rôle insoupçonné.

Dans cette image, une personne se tient dans une pièce entièrement peinte en vert. La question, à mon avis, n'est pas tant de connaître la réaction de la personne au vert ou au rouge mais de comprendre la dynamique formée par ces deux couleurs dans l'esprit de la personne. Les couleurs sont vue isolément pendant à peine un bref instant et l'observateur a tôt fait de construire sa propre image mentale du champ visuel, qui intègre tous les facteurs comme la quantité de chaque stimulus (le vert vs le rouge), la luminosité relative et l'éclairage. J'aimerais bien me tenir dans cette pièce, à la place de cette personne pour voir ce que l'on ressent dans pareil contexte?