À propos...
Transcontinental Darthmouth, Septembre 2013, en compagnie de Laura et Leszjek, devant la presse Heidelberg Speedmaster 105, satisfaits de la calibration de la presse selon la méthode G7 d'IDEAlliance en vue de l'égalisation des nouvelles épreuves GRACoL2006_C1 que je venais 
de mettre au point la veille.
Transcontinental Darthmouth, Septembre 2013, en compagnie de Laura et Leszjek,
devant la presse Heidelberg Speedmaster 105, satisfaits de la journée de calibration G7 d'IDEAlliance de la presse, avec les encres Sun Chemicals. La calibration a donné un excellent match des nouvelles épreuves GRACoL2006_C1 mises au point la veille.

Je m'appelle Roger Breton et je suis tombé dans la couleur quand j'étais petit, un peu comme Obélix dans la potion magique. La couleur, comme je l'ai écrit ailleurs sur mon site, c'est l'axe autour duquel toute ma vie professionnelle tourne. Par bonheur, c'est aussi mon occupation principale dans la vie, bien que j'enseigne à l'Université du Québec à Montréal, au programme de baccalauréat en Design graphique (http://www.designuqam.com/), les cours d'infographie DGR-1301 Adobe Illustrator, DGR-1302 Adobe Photoshop et DGR-1303 Adobe InDesign, à titre de Chargé de cours, qui me permettent de garder un pied dans l'infographie. Parce que, la couleur sans infographie c'est comme du beurre d'arachide dans tranche de pain.

J'ai commencé à m'intéresser sérieusement à la couleur en 1995, durant mon emploi chez Tye-Sil, fabricant de papier d'emballage de Noël (oui, j'ai bien Noël -- Ho! Ho! Ho!). J'étais alors Directeur des arts graphiques, un titre un peu pompeux mais qui voulait dire que j'en avais large sur les épaules. Là, au milieu des cylindres de rotogravure, dans un entrepôt grand comme cinq terrains de footbal, j'ai appris les rouages d'un métier fascinant.

 Les clients étaient d'importantes chaînes de détaillants canadiens et américains comme Pharmaprix, CanadianTire, Sears et Wallmart, en plus de marques privées comme Costco. Pour se développer, Tye-Sil produisait chaque année des dizaines de nouveaux dessins d'emballage, à partir de pièces d'art, peintures et autres, achetées dans des marchés spécialisés à New York et en Europe, qu'il fallait ensuite adapter aux contraintes de nos procédés d'impression. Ça a été une formidable école technique tant par la diversité des procédés d'impression que par la complexité de chacun de ces procédés qu'il m'a fallu apprendre, un à un, comme la lithographie, la flexographie et la rotogravure. Comme je m'occupais de la production de tout ce qui était imprimé, j'eus tôt fait de maîtriser l'art de la retouche et du détourage (j'y ai pratiquement laissé mes yeux!) des images dans Photoshop, du dessin vectoriel dans FreeHand/Illustrator et du montage dans QuarkXpress.

En 1997 je fais le saut du côté de la prépresse et je me retrouve à la tête d'un atelier de prépresse flexo à Laval, Empire Graphiques, encadrant le travail de huit infographes -- les plaques en caoutchouc et en photopolymer, ça me connait! Ça a été mon premier contact avec la gestion de la couleur ICC et le système logiciel ColorBlind américain, vendu alors au Québec par la société TGLC. (Merci Louis Déry!)

 En 1999, je fais la rencontre à Montréal d'un scientifique de la couleur américain, Monsieur Goef DeGroff, en visite à l'ICGQ. Il était de passage et tenait à nous montrer son nouveau spectrophotomètre portable, assemblé de toutes pièces avec des composants électroniques standards du marché, disait-il. Un appareil intriguant dont j'ai fini par me procurer un exemplaire, par curiosité. 400$ par la fenêtre sur eBay!

C'est grâce à cet homme si j'ai par la suite osé m'aventurer plus loin dans la science des couleurs, en participant d'abord à la quinquennalle de l'Association Internationale de la Couleur (AIC), qui se tenait à Rochester, dans l'état de New York. C'était en 2001. Je découvrais alors un monde insoupçonné, et la ville de Rochester, le plus grand centre d'imagerie au monde, rien de moins. Rochester qui, avec ses géants de l'image comme Kodak, Xerox et Baush & Lomb, solidement campés dans l'industrie depuis des décennies, faisait la pluie et le beau temps -- c'était bien avant les caméras numériques.

Soit dit en passant, ne manquez-pas de visiter le musée Georges Eastman, lors de votre prochaine visite à Rochester...

Georges Eastman, en noir et blanc
Georges Eastman, à gauche, tenant entre les mains une pellicule photographique
qui a fait sa fortune sous la marque Kodak durant plus d'un siècle.
La ville de Rochester toute entière a prospéré et s'est développé grâce à lui.

Puis, j'ai suivi plusieurs séminaires en gestion de la couleur, à l'école Rochester Institute of Technology (RIT), qui m'ont permis de découvrir non seulement les dessous de la gestion de couleur ICC dans Photoshop, avec des esprits stimulants comme Robert Chung, mais aussi une foule d'activités connexes dont la pratique des standards ISO-12647 dans l'impression lithographique, dont j'ignorais complètement jusque là l'existence.

Je suis particulièrement reconnaissant à mes deux séjours d'été au Munsell Color Science Laboratory, toujours sur le campus de RIT à  Rochester NY, où j'ai appris des incomparables Roy Burns et Mark Fairchild, tous les deux Ph.D.

Georges Eastman, en noir et blanc
À gauche, Roy Burns, Mark Fairchild au centre et un étudiant à la maîtrise, à droite.

Avec le temps, j'ai poursuivi mes lectures et mes recherches sur la couleur, participé à des conférences annuelles aux États-Unis, comme la célèbre CIC, Color Imaging Conference, en Arizona, où j'ai fait la connaissance de sympathiques ingénieurs venus des quatre coins du globe, travaillant pour des firmes aussi prestigieuses que Philips, HP et Minolta, pour ne nommer que celles-là, à qui je dois beaucoup sur le plan technique et conceptuel.

En 2005, je troque mon chapeau de consultant pour me joindre aux rangs d'Interweb, une entreprise du groupe Transcontinental, sur la rive sud de Montréal, où on imprime à fort tirage une foule de magazines spécialisés. Ce fut un défi de taille où j'ai énormément appris, tout en contribuant à l'essor de la couleur de l'entreprise. Grâce à ma vision de l'industrie et mes connaissances en couleur, nous sommes passés du câlage de presse traditionnelle, basée sur le fameux gain de presse SWOP Coated 20%, à la méthode dite G7, basé sur l'étalonnage d'une courbe de réponse tonale qui correspond à la nouvelle mouture de SWOP depuis 2006. C'est intéressant de découvrir le lien entre les activités d'IDÉAlliance, propriétaire de la marque SWOP, et le standard ISO 12647-2 et Fogra, en Allemagne.

À l'hiver 2007, je monte un cours de 45 hrs sur la couleur, intitulé DES-4216 Couleur et design, que j'allais dispenser pendant les cinq années suivantes à l'UQAM, dans le cadre du programme de Baccalauréat en design graphique (7779). Le cours a été offert aux étudiants pour la session hiver 2015 mais n'a pas démarré, faute d'inscription.